Pampa -Bolivie

La Pampa bolivienne en pirogue

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S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel” ( Loick Peyron)

Nous commencerons par le Parc national Santa Rosa del Yacuma. Pour cela, nous replions la tente de toit et nous voici sur la piste en direction de Santa Rosa. Les jours précédents furent pluvieux mais les locaux nous assurent que la piste de terre est praticable avec notre Defender. Nous nous engageons direction la pampa et parcourons 110 kilomètres à travers un paysage tel que nous l’imaginions : piste de terres rougeâtres et abords verdoyants. La route est sublime.

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (108)

Mais tout le monde a une mission sur le trajet, avoir les yeux partout dans les arbres passés le petit village de Reyes. Pourquoi me direz-vous, et bien il y a des paresseux sur les arbres aux abords de la piste. Nous sommes tous surexcités à l’idée d’en voir un. Nous n’aurons malheureusement pas cette chance, ils furent bien discrets. Par contre, des Jabirus nous émerveillent par leurs postures et l’envergure de leurs ailes 2.60 m. Il est le plus grand oiseau volant d’Amazonie.

Nous arrivons tout doucement au village de Santa Rosa et nous acquittons du droit d’entrée de 150 bolivianos par personne. Les droits d’entrée dans les parcs ne sont pas inclus dans les tours. Nous prenons route vers la rivière Yacuma où nous attend notre guide Norman.

Nous sommes au bord de la rivière Yacuma, nous garons notre Defender dans la propriété du ranger et nous découvrons nos chambres avec sanitaires et moustiquaires. C’est parfait !

Quelques pirogues aux abords de la rivière et déjà quelques dauphins roses viennent nous souhaiter la bienvenue ! Incroyable mais vrai !  Pas de temps à perdre, le déjeuner vite englouti, nous prenons place sur la pirogue accompagné de Norman. En route pour la plus belle des aventures en pirogue à la découverte de la pampa bolivienne ! (voir la vidéo)

Les “Pampas del Yacuma” transformée en aire protégée en 2006, sont des grandes étendues faite de prairies, de marécages, de pâturages, de nombreuses rivières et de forêts où se retrouvent une faune et une flore extrêmement diversifiées. Elle couvre  pas moins de 616 450 ha.

A bord de notre pirogue, on se perd déjà dans le Rio. Grâce à Norman, nous découvrons une multitude et une variété impressionnante d’oiseaux.

Certains nous font rappeler notre incursion sur le fleuve Ibera tout au début de notre périple tels que l’aigle, le martin-pêcheur, les hérons, le cormoran. D’autres, nous surprennent, comme le fameux « Serere amazonien » aussi appelé « paradisier d’Amazonie », la poule à tête bleue surnommée ainsi par les enfants. Joliment colorée et ne pouvant voler plus de 20 mètres, si quelconque soit-elle, elle fait bien partie des emblèmes de cette pampa.

Et puis, je ne peux m’empêcher de vous décrire ce moment d’exception quand un couple d’ara à gorge bleue (Ara Glaucogularis) survola notre pirogue en nous regardant ébahit par notre présence. En voie d’extinction, nous sommes réellement chanceux même notre Norman est ravi.

Notre guide à des yeux de lynx, il repère le moindre mouvement dans les arbres engloutis par le rio si haut à cette période de l’année.

Soudain, face à nous, nous regardant avec insistance, un Saïmiri, appelé plus communément, le singe-écureuil.

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (17)

Il n’en faut pas plus à Norman pour engouffrer la pirogue dans les buissons. Des mini cris deviennent intenses et toute la famille de ses petits primates nous apparait.

Il n’y a pas que les yeux des enfants qui sont éblouis, les nôtres également ! C’est la première fois pour tous que nous voyons des Saïmiris dans leur environnement.

Ce petit singe mesure environ 40 centimètres et sa queue touffue est aussi longue que son corps. Ils s’amusent et nous profitons pour notre plus grande joie du spectacle. On a le temps de remarquer sa couleur grisâtre et jaune brillante. Sa petite tête rosée couverte de poils blancs fait ressortir son museau noir.

On filme, on prend des photos, je m’approche et à ma plus grande surprise la curiosité d’un singe-écureuil est identique à la mienne. Il me prend la main ; je suis si surprise, sa main est douce. J’ai le sentiment qu’une véritable main vient de me toucher, des doigts avec des ongles et non des griffes. Il finit par me mordiller mais sans mal. On ne verra pas moins de 3 groupes différents de Saïmiris durant notre séjour en pampa. On verra quelques capucins à la tombée de la nuit. Le spectacle ne s’arrête jamais ici à la Pampas del Yacuma.

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (18)

Il y a deux espèces de caïmans dans la pampa del Yacuma, le Lagarto et le caïman noir. Ils sont différents de par leurs tailles et leurs couleurs. L’un petit, pas plus de 2 mètres et d’une peau rayée sable et noir et l’autre beaucoup plus gros et de peau noire. Le rio Yacuma lors de notre passage a une profondeur de plus de 8 mètres, les caïmans sont alors moins visibles et laissent alors la vedette aux dauphins roses d’Amazonie.

Une merveilleuse journée sur les méandres de la rivière ne peut pas mieux s’achever que par un merveilleux coucher de soleil sur les marécages et la rencontre du Grand Duc bien sur.

De notre pirogue, nous contemplons les dernières lueurs du soleil en se remémorant déjà chaque instant magique ; et ce n’est que la première journée !

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (71)

Réveil 5h30 du matin pour cette deuxième journée, les enfants encore somnolents, nous prenons place à bord de notre pirogue préférée. Il fait encore nuit. On entend de grands cris. On se dirige lentement au rythme des sons. Ils se font de plus en plus intenses. Le bruit devient assourdissant et on devine aisément de qui ça provient : les Monos aulladores. Perchés en haut de leurs arbres, des singes hurleurs annoncent le début de la journée à toute la faune de la pampa. Nous les observons hurler et naviguer de branche en branche. Un spectacle grandiose qui marque bien le commencement de cette journée.

Il est temps d’admirer le lever de soleil et d’aller prendre un bon petit déjeuner avant de repartir en ballade.

La journée se poursuit par une ballade le long de la rive. Ce sera l’occasion de voir des caïmans, de multiple oiseaux, de découvrir la guêpe tatou et d’apercevoir un serpent.

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (109)

La journée se poursuit en pirogue, on croise une famille de capibaras dans les eaux peu profondes des marécages. Ce plus gros rongeur au monde, est impressionnant par sa taille mais surtout par sa membrane particulière au niveau de son museau. Elle lui permet en cas d’attaque soudaine de ses prédateurs tel que le jaguar de plonger sous l’eau et de nager pendant une période de plus de 15 minutes sans aucune difficulté.

Nous évoluons toujours sur les bras de la rivière Yacuma quand soudain nous remarquons que nous sommes suivis. Ils sont bien là, au nombre de 5. Nous assistons pour notre plus grande joie au ballet des dauphins roses d’Amazonie (Inia geoffrensis). Appelé aussi Boto, ce dauphin rose d’Amazonie est une espèce propre à cette région.

Il est semblable en proportion aux autres dauphins mais ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées et sa dorsale est réduite, ce qui lui permet d’être plus mobile et de se déplacer entre les arbres et branchages sous l’eau. C’est un véritable fossile vivant qui a su conserver l’aspect des premiers dauphins du Tertiaire.

Boto pampa bolivienne4

Il peut  facilement atteindre la taille de 2,8 mètres et peser jusqu’à 150 kilos. Le Boto a quitté les flots salés de l’océan, il y a de cela plusieurs dizaines de milliers d’années, pour remonter peu à peu les fleuves et s’adapter à la vie en eau douce. Certains disent qu’il s’agit vraiment d’un “dauphin de la forêt pluvieuse”, car là où il habite, dans les eaux sombres de l’Amazone, la jungle est massivement inondée chaque saison pendant six mois.

On ne se baigne pas, mais nous profitons de ce moment tant espéré avec beaucoup de reconnaissance.

Cette superbe expédition en pirogue dans la pampa bolivienne restera un moment fort de notre périple en Amérique du Sud. Une réelle richesse, une faune exceptionnelle et encore préservée. Une excursion aisée sur plusieurs jours en famille, sans aucune contrainte ni aucune difficulté. Juste contempler la beauté de la nature qui s’offre à nous. C’est clairement un tel endroit que nous espérions montrer aux enfants. On peut encore voir de tels animaux en pleine nature et non dans des zoos.

Nous reprenons la route vers notre point de chute, El Mirador à Rurre pour se reposer une nuit avant d’entamer notre deuxième grande expédition l’incursion, la vraie dans la forêt amazonienne !

Bon, sur le retour on a été doublement attentif avec les informations supplémentaires de notre guide mais on n’a pas vu les paresseux.

Pour le parc national Santa Rosa del Yacuma

Ne pas oublier : casquette, lunette de soleil, batteries de rechanges pour les appareils mais surtout du produits anti-moustiques car je vous confirme eux, aussi ils sont bien présents dans la pampa. A la tombée de la nuit et au lever, ils sont particulièrement voraces. Je vous conseille vivement les manches longues, pantalons longs, chaussettes au dessus du pantalon ( à la mode tintin, comme dirait Nico) et surtout pas de couleur noir ! Ils aiment le noir. Préférez le blanc

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (127)

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