De La Paz à Rurrenabaque – la route de l'extrême!

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Timing parfait. Après un super petit déjeuner dans notre hôtel camping, nous rencontrons le propriétaire de l’hôtel qui n’est autre que le partenaire de l’hôtel dans lequel nous voulions déposer notre Defender pendant notre incursion dans la forêt amazonienne. Génial, l’univers est bien fait. De plus, nous en profitons pour nous renseigner auprès de lui quant à l’état de la route pour aller à Rurrenbaque.  Il faut en effet savoir que peu emprunte cette route. Beaucoup font le choix de prendre l’avion de La Paz à Rurrenabaque, tellement cette dernière est réputée difficile. Mais aussi vu les nombreux travaux en cours sur cette route, elle est fermée à la circulation par tronçon ou dans son entièreté du lundi au samedi de 07:00 à 17:00. S’informer avant de partir est donc primordial.

Informations prises, nous voilà rassuré et prenons la route. Il nous faudra 2 heures pour quitter La Paz. La ville est dense et embouteillée la journée durant.

Pour rejoindre la route qui mène à Rurrenabaque, nous devons sortir de La Paz vers le nord, monter en altitude jusqu’à 4200m. L’ascencion est difficile car les véhicules manquent d’air. Le trafic intense rend les démarrages en côte assez sportifs.

La Paz - Bolivie

Nous voilà enfin sur la route. Passage de péage, contrôle de police,  tout se passe bien, nous n’avons pas des têtes de narco-trafiquants. La région des Yungas que nous nous apprêtons à traverser est couverte de champs de cocas.

Nous entamons la montée vers les sommets des montagnes. Nous avons 7 cols à passer avant de pouvoir atteindre la porte de la forêt amazonienne. Le spectacle est à couper le souffle. Nous sommes au-dessus des nuages et observons du haut, la route qui serpente à travers la première montagne qui nous mène à Coroico. On sent que l’Amazonie s’approche, la végétation  devient de plus en plus abondante. Les verts s’entremêlent, les espèces se diversifient. À chaque  virage, de nouveaux paysages se dévoilent. La Bolivie est pleine de surprises.

Nous continuons notre route prudemment car le brouillard fait une brève apparition et rend la route humide. Nous gardons en mémoire notre mésaventure sur la Carretera. La route est magnifique, tournants après tournants la nature nous offre un paysage à chaque fois différent. Nous arrivons à l’embranchement pour prendre la route de la mort, “La Death Road”, mais le brouillard nous fait changer d’avis, nous jouons la carte de la prudence. La Death Road, ok mais pas dans la purée de pois.

Nous apercevons notre point de ralliement pour le jour, Coroico. Le village est perché  dans la montagne.

Ce petit village de Coroico est situé dans les collines de la vallée des Yungas, (mot quéchua signifiant « Terres tièdes » est une vallée forestière d’Amérique du Sud, située entre 500 et 2 300 m au-dessus du niveau de la mer, qui s’étend entre l’est des montagnes andines dans le Pérou, la Bolivie et l’Argentine.) entre les Andes et l’Amazonie. Il jouit d’un panorama exceptionnel.

Rurrenabaque-Coroico (2)

Nous y grimpons. La route est très pentue, nous devrons engager la vitesse courte car nous pesons lourd et aussi pour ne pas forcer l’embrayage. Aujourd’hui nous n’ouvrirons pas la tente. C’est hôtel, car demain nous nous remettrons en route tôt pour tenter de rejoindre Rurrenabaque d’une traite.

Nous sommes tôt le matin. Nous avons profiter de notre stop à l’hôtel, bien reposer, nous sommes prêts  pour notre étape du jour, rejoindre “Rurre” comme ils disent ici. Vérification des niveaux du véhicule avant chaque départ, une routine mais indispensable. Tout va bien, on est ok pour partir. Nous découvrons notre nouvelle route, toujours aussi belle, a l’opposé de la montagne, on aperçoit des habitations à flanc de colline. On se demande comment les habitants y accèdent tellement la pente est raide.

Et là, soudainement notre regard revient vers la route et une scène d’horreur se dresse devant nous. Alors que nous roulions sur notre bande, à droite donc, nous nous retrouvons face à deux semi-remorques, pas le temps de réfléchir , braquage à gauche, les pneus hurlent à la mort, le def balance, contre-braquage à droite, ca re-balance, ca hurlent à nouveau, nous venons d’éviter de justesse la collision frontale. Que s’est-il passé ?

Nous sommes livides, sous le choc. Nos mains, tout notre corps tremblent sans pouvoir les arrêter! Nous nous arrêtons pour nous assurer que tout va bien et que tout le monde dans la voiture est bien attaché. Nous nous remettons en route mais décidons de nous arrêter à la prochaine maison pour nous renseigner quant à la circulation.

Nous nous entendons dire que sur le tronçon Coroico-Caranavi (le prochain village), la circulation se fait du côté gauche et non à droite !!!

Rurrenabaque-Coroico (32)

Mais bon sang où est-ce indiqué ?! Bien nulle part sur ce tronçon, tout le monde le sait ou en tout cas semble le savoir, sauf nous, les touristes!!!

La raison en est simple, on roule à gauche sur les tronçons les plus dangereux, de ce fait le conducteur peut mieux juger le précipice qui le sépare de son véhicule!!

Bon sang, ils ne peuvent pas l’indiquer quelque part! Nous reprenons notre route en roulant à gauche donc, pas habitué mais la peur au ventre quand même.

Nous arrivons à un village où le temps semble s’être arrêté, quelques camions sur le bord de la route, une voiture par-ci par-là. Nous avançons doucement jusqu’au sifflement d’un habitant. “La ruta esta cerrada!!” (La route est fermée )

Comment la route est fermée? Selon nos informations, seule la dernière colline est fermée! Et bien vos infos sont erronées, toute la route est fermée, en tout cas les 4 premiers tronçons le sont à coup sûr et celui-ci est le premier!

La rage s’empare de nous, il est 10:50 du matin, nous avions pris nos dispositions pour arriver vers 17:00 au dernier tronçon. Et même après discussion, bien rien à faire, nous allons devoir attendre jusqu’à 17:00 pour pouvoir continuer notre route.

Sur les 350kms qui nous sépare de “Rurre”, nous en avons parcourus 36.

Nous prenons donc notre mal en patience car revenir plus tard nous aurait placé dernier dans la file d’attente. Là pour le coup, nous sommes les premiers.

Séverine en profite pour faire école avec Iléna. Nous déployons donc notre auvent, sortons les chaises et nous installons sous les yeux ébahis des villageois qui à notre avis ne doivent pas voir ça tous les jours.

Le compte à rebours commence, tic-tac, 6 heures d’attente. Les villageois viennent à notre rencontre pour converser. Les camionneurs, chauffeurs de bus et de taxis également. Nous sommes tous logés à la même enseigne. Pas de passe droit. Et puis eux aussi doivent passer le temps donc tout le monde parle avec tout le monde. Y a même des toilettes et douches sur le bord de la route. Maintenant on a compris le pourquoi de la chose.

Le soleil tape. Notre auvent attire bien des gens finalement, cela fait du bien d’avoir un peu d’ombre.

Depuis notre arrivée, bien des camions, bus, taxis, voitures particulières sont venues allonger la file d’attente. Il y a maintenant 4 lignes de front. Il est devenu quasi impossible de passer à contre sens tellement il y a de véhicules. De toute façon, pas d’inquiétude la route est fermée dans les deux sens, donc pas de risques de voir une voiture venir dans l’autre sens.

Le temps s’écoule, l’heure fatidique approche! On sent l’effervescence monter, les camions pré-chauffent leurs moteurs, les coups d’accélérateurs  se font entendre, les klaxons hurlent. La tension monte, tout le monde se tient prêt derrière son volant! C’est inimaginable comme ambiance, on se croirait à un départ de course, à la différence près que c’est nous les pilotes.

La barrière se lève, c’est la ruée vers “Rurre” et tous les villages de la route (Voir la vidéo). Le départ se fait en trombe, la poussière vole, aveugle, c’est la pression au maximum. Il faut se dépêcher pour atteindre sa destination, il fait noir dans moins de 2 heures. Voir la vidéo.

Barriere_TopDepart

La route est dangereuse, il n’y a plus d’asphalte, c’est de la “dirt road” – route de terre. A certains endroits, il faut stopper, il y a des trous, de l’eau, des passages à flanc de colline. Certains passages sont si étroits qu’il est tout simplement impossible de se croiser. Il faut avoir des nerfs d’acier, savoir et bien connaître son véhicule.

La nuit tombe, nous continuerons la route de nuit car si nous nous arrêtons, nous devrons à nouveau attendre 17:00 pour la continuer. Le choix est fait, pas à recommander, mais sera salvateur. Nous arriverons à “Rurre” a 01:30 du matin, sains et saufs et surtout avec la route derrière nous. Nous avons éviter les chiens errants par centaines, mais avons pris une chauve-souris. Elle est restée collée sur notre galerie de toit et servira de matériel didactique pour les enfants.

Pampa de Yacuma - Santa Rosa - Bolivie (4)

Nous y sommes, à nous l’Amazonie.

Rurrenabaque-Coroico (34)

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